Pourquoi payer vos salariés à travailler pour des associations ?

Depuis le 28 août, Jean Jacques, 55 ans, et Clément, 33 ans, salariés de Chimex, font un Vendredi. Payés à temps plein, ils travaillent, un jour par semaine ou un jour par mois, pour une association.

En réalité ils font du mécénat de compétences[1]. Et la bonne nouvelle c’est qu’ils ne sont pas seuls. Chaque année, comme Jean-Jacques et Clément, des milliers de salariés s’engagent pour l’intérêt général sur leur temps de travail.

Pourquoi des entreprises paieraient leurs salariés pour qu’ils aident des projets à impact social ?

C’est pour répondre à cette question que nous avons conçu cet article. C’est aussi pour poser par écrit une réponse mille et une fois formulée depuis le début de l’aventure Vendredi. Voici les 5 raisons qui expliquent pourquoi vous devriez permettre à vos salariés de s'engager en association.

1 - Développer les talents en les mettant au service du bien commun

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Le mécénat de compétences est un outil extraordinaire pour développer ses compétences. Et ce tout au long de sa vie professionnelle et de sa vie tout court d’ailleurs.

Que vous soyez un junior qui boucle sa deuxième année de CDI ou un manager en recherche de nouveaux défis, mettre ses compétences pour une association c’est une formation qui ne dit pas son nom. C’est un moyen de développer des compétences très recherchées comme l’adaptabilité, l’empathie, la prise d’initiative ou la capacité à identifier des opportunités…

Mais c’est aussi une opportunité d’approfondir ses compétences métiers en les redéployant dans un environnement radicalement différent.

"Le vendredi de Jean-Jacques fait partie intégrante de son plan de formation.”

Clément Pech, responsable RH chez Chimex, au sujet du Vendredi de Jean-Jacques, salarié de l'entreprise

Le Vendredi, c'est ainsi le 70 du 10-20-70, un modèle de formation de référence qui explique qu’un apprentissage efficace et réussi passe par 10% de formation traditionnelle, 20% de coaching et de feedback et 70% d’expérience pratique.

En effet dans le cas de Jean-Jacques, sa mission en étude de marché pour Spiris[2] vise notamment à développer son agilité par une immersion au sein d’une structure qui fonctionne en mode start-up.

Et c’est aussi dans cette optique de développement des talents qu’Olivier Théophile, responsable RSE du groupe LVMH, a impulsé le programme RISE : un programme de co-développement par du mentorat entre un salarié du groupe de luxe et un entrepreneur social avec pour objectif de cultiver l’esprit d’entreprendre.

2 - Gérer les carrières différemment en répondant à la quête de sens

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Le mécénat de compétences, qui peut prendre des rythmes et des formes très diverses, est un outil très utile pour répondre aux aspirations et besoins des salariés tout au long de leur carrière.

  • Pour un jeune diplômé, une mission de mentorat d’un salarié de l’Economie Sociale et Solidaire peut être une expérience intéressante avant de prendre des responsabilités de manager.
  • Pour des salariés avec une dizaine d’années d’expérience, une mission de plusieurs mois en association constitue un moyen de répondre aux envies d’engagement et de changement d’environnement.
  • Dans le cadre d’un graduate program, une mission courte de quelques semaines peut être un outil de développement et d’ouverture.
  • Quant à une mission longue d’une année à deux ans, à mi temps ou temps plein, elle peut accompagner la transition de fin de carrière.

C’est dans l’optique de répondre à ces enjeux que la Fondation Accenture ou la Fondation Axa Atout Coeur ont mis en place des dispositifs d’engagement à différents moments de la carrière pour leurs salariés.

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Le Programme Axa Expérience Solidaire permet à l’ensemble des salariés d’Axa de s’engager autour de 3 dispositifs : début, milieu et fin de carrière !

3 - Rendre ses salariés plus heureux... et plus efficaces

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L’engagement au travail est le nerf de la guerre pour tout manager ou dirigeant d’entreprise. En fonction des études, le coût annuel du désengagement est estimé entre 2.000 euros et 11.000 euros par salarié désengagé[3] .

Or le mécénat de compétences est une réponse simple et utile à cet immense défi :

Les salariés qui pratiquent le mécénat de compétences sont deux fois plus nombreux que les autres à se dire “très satisfaits de leur travail”.

Etude Deloitte Volunteer Impact Survey - 2011

Le mécénat de compétences est un des leviers pour cultiver l’engagement au travail. Il ne résout pas tous les problèmes d’engagement à lui seul bien évidemment mais c’est un dispositif qui a largement fait ses preuves.

4 - Attirer les talents de demain et garder ceux qui font votre succès aujourd’hui

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Bien que nous connaissions un taux de chômage élevé, les entreprises font face à l’enjeu de réussir à continuer à attirer les meilleurs talents. Et les attentes de ces derniers ont changé.

Les étudiants et jeunes diplômés trouvent primordial que leur futur travail soit en phase avec leurs valeurs (75%)

Etude Ipsos - BCG - La Conférence des Grandes Ecoles

Ce critère se situe loin devant celui de la rémunération qui arrive seulement en 10ème position, et 97% des sondés indiquent que leur première source de fierté au travail sera d’avoir été utile pour la société.

Enea Consulting a tout compris en la matière. Ce cabinet de conseil qui propose à tous ses salariés de consacrer 10% à 20% de leur temps à des missions pro-bono n’a aucun problème d’attractivité. Bien au contraire ! Après chaque intervention en école ou à la radio ils croulent sous les demandes d’excellents candidats.

Et c’est notamment pour développer son attractivité externe que Chimex a lancé le dispositif Vendredi pour les stages, avant de l’étendre aux salariés. Tout comme le dispositif Vendredi a aidé Anne-Charlotte Vuccino, fondatrice de Yogist, à attirer sa toute première stagiaire :

Anne-Charlotte Vuccino répond aux questions de Vendredi sur le dispositif de stage partagé

5 - Incarner sa mission sociale au quotidien et innover pour la société

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Le mécénat de compétences permet d’aller plus loin dans le soutien aux projets à fort impact social : il ne se substitue pas au soutien financier, mais le renforce et lui permet de prendre tout son sens.

Par leur engagement, les salariés incarnent au quotidien la mission sociale de l’entreprise. Plus qu’un simple salarié impliqué, la mission rayonne souvent sur une équipe voire parfois sur l’ensemble de l’entreprise.

Ce dispositif est aussi un moyen de nourrir une démarche d’innovation ouverte avec des acteurs de l’innovation sociale et environnementale. Et ainsi de développer des synergies efficaces sur les différentes thématiques au coeur des stratégies RSE[4] des entreprises : diversité, égalité homme-femme, inclusion, efficience énergétique, et lutte contre le gaspillage…

Le stage de Morgane en logistique entre Re-Belle et Chimex a ainsi permis de sensibiliser l’ensemble des salariés de l'entreprise au gaspillage alimentaire. L’expérience de Jean-Jacques chez Spiris permettra quant à elle d’explorer des synergies en matière de procédés de fabrication durable et d’innovation bio-tech.

La question centrale du coût

Comme pour tous les sujets liés à la formation, à l’impact sociétal ou à l’engagement au travail, il n’est jamais simple de chiffrer précisément les gains directs.

Le coût de la mise en place du mécénat de compétences est simple à calculer. C’est celui du temps dédié à la conception du programme, qui peut être internalisé ou externalisé, ainsi que le coût du temps de travail consacré à la mission en association.

A ce titre, le mécénat de compétences donne droit à une déduction fiscale[5] équivalente à 60% du coût réel du temps dédié à la mission. Le coût du dispositif devient alors relativement faible pour des entreprises. Par exemple, pour un salarié qui consacre 20% de son temps de travail à une mission en association, le coût réel des 20% du temps dédiés à l’association est de 8%.

Mais contrairement à ce que l’on pense, l’argument fiscal n’est pas l’argument clé qui justifie la démarche. Ainsi Accenture qui alloue plus de 5000 jours/homme par an au mécénat de compétences ne défiscalise pas les montants associés.

En réalité, ce sont les gains évoqués en matière d’engagement, de productivité, d’attractivité et d’impact sociétal qui justifient un engagement qui doit être perçu comme un investissement.

Cet investissement peut être comparé à celui d’alternatives réelles. Chez Vendredi, nous en avons identifié deux :

  • Le coût d’une formation qui inclut tant le temps dédié à la formation que le prix de la prestation. Il est difficile de mettre un prix exact sur des formations tant celles-ci peuvent varier. Mais des expériences aussi riches en termes de développement des compétences peuvent coûter entre 1.000 euros et 10.000 euros par salarié.
  • Le coût d’un départ non-anticipé d’un salarié. Ce coût dépasse allègrement les 10.000 euros par salarié en incluant les coûts de gestion du départ et de remplacement. Ce coût financier et humain est immense pour les entreprises.

Le mécénat de compétences est donc un investissement comparable notamment à un programme de formation en ajoutant les dimensions d’impact social, d’attractivité et d’engagement au travail.
Et il s’avère très compétitif au vu des résultats démontrés dans l’intégralité des enquêtes.

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Quelques-uns des partenaires de Vendredi !

Les aménagements à mettre en place

Mettre en place des Vendredi induit un impact opérationnel évident sur les équipes. C’est pour cette raison que le dispositif doit être toujours co-construit entre les équipes RH et RSE et des managers volontaires.

Il existe une diversité de formats d’engagement, comme les missions un Vendredi par semaine ou par mois, permettant de répondre aux aspirations des salariés comme aux impératifs des équipes.

Notre expérience dans la pratique, ainsi que celle de grandes entreprises comme Axa, démontre la capacité du collectif à se réorganiser en interne pour se partager les tâches essentielles ou temporairement ré-allouer des ressources. Et aussi la capacité des salariés engagés dans la démarche à être plus productifs.

Vous avez maintenant tous les arguments pour convaincre !

Si vous souhaitez déployer Vendredi dans votre entreprise, contactez-nous et on vous accompagnera dans la démarche.

Chez Vendredi, nous sommes convaincus que nous pouvons inventer un modèle de travail plus épanouissant et équilibré.
Pour chacun d’entre nous. Et pour la société.

Allons y !


  1. Le mécénat de compétences consiste à mettre à disposition ses compétences, sur son temps de travail, au service de projets d’intérêt général. ↩︎

  2. Spiris est une start-up à fort impact environnemental. Son ambition est de proposer une source de protéines alternatives qui soit saine, locale et responsable pour répondre à l’évolution de notre alimentation. Le tout en rendant durable et en réduisant très fortement le coût de production des micro-algues. ↩︎

  3. Pour creuser sur le cout du désengagement ces chiffres sont repris de :
    L’Indice de Bien Être au Travail publié par le Groupe Apicil et Mozart Consulting. “Ayant pour source le secteur privé et ses 18,3 millions de salariés, l’IBET 2015 révèle un coût du désengagement réciproque et de non-disponibilité de l’ordre de 12 600 € par an et par salarié.” ↩︎

  4. La Responsabilité Sociétale des Entreprises est un « concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire ». Énoncé plus clairement et simplement, c’est « la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable ». Pour plus d’informations. ↩︎

  5. Cette défiscalisation n’est possible que lorsque l’association est d’intérêt général. ↩︎